Un lundi matin, un cabinet de huit personnes nous a appelés. Le serveur était chiffré, le NAS de sauvegarde aussi, et le disque USB branché en permanence derrière la baie… également. Trois copies, zéro donnée récupérable. La sauvegarde 3-2-1 existe précisément pour qu’un lundi pareil n’arrive jamais.
Qu’est-ce que la règle de sauvegarde 3-2-1 ?
La règle tient en trois chiffres, faciles à retenir et redoutablement efficaces. Trois copies de vos données, sur deux supports différents, dont une conservée hors de vos locaux. Simple sur le papier. Dans les faits, une grande partie des PME qu’on audite n’en respecte qu’un chiffre sur trois.
Trois copies de vos données.
La donnée de travail compte comme première copie, sur le serveur ou dans les postes. Il en faut deux autres, distinctes et à jour. Pourquoi trois ? Parce qu’une sauvegarde peut elle-même tomber en panne le jour où on en a besoin, et qu’une seule copie de secours revient à jouer à pile ou face.
Deux supports différents.
Les deux copies de secours ne doivent pas dormir sur le même type d’équipement. Un NAS et un disque externe, un serveur et une bande, un disque local et un stockage en ligne… peu importe la combinaison, tant qu’une même panne, une même série de disques défectueux ou une même erreur de manipulation ne peut pas les emporter ensemble.
Une copie hors site.
La troisième copie quitte les locaux. Un incendie, un dégât des eaux ou un cambriolage détruisent tout ce qui se trouve dans le bâtiment, sauvegardes comprises. Autrefois, le dirigeant emportait une bande chez lui le vendredi soir. Aujourd’hui, la copie hors site part en ligne, chiffrée, chaque nuit, sans que personne n’ait à y penser.
Pour la copie hors site, le plus simple reste une sauvegarde externalisée hébergée en France. Les données partent chiffrées, la sauvegarde tourne en continu ou à heure fixe, et des rapports réguliers confirment que tout s’est bien passé. On restaure un fichier en quelques clics, ou un serveur entier.
La règle 3-2-1-1-0, la version anti-rançongiciel.
La règle 3-2-1 date d’une époque où l’ennemi principal était la panne de disque. Les rançongiciels ont changé la donne, parce qu’ils chiffrent tout ce qu’ils atteignent sur le réseau. D’où une version enrichie, la 3-2-1-1-0, qui ajoute deux exigences.
Une copie hors ligne ou immuable.
Le premier ajout impose une copie que personne ne peut modifier depuis le réseau. Soit elle est physiquement déconnectée, soit le stockage interdit toute modification pendant une durée fixée. Même avec les identifiants d’un administrateur, l’attaquant ne peut ni la chiffrer ni l’effacer. C’est la copie qui sauve l’entreprise.
Zéro erreur à la restauration.
Le zéro final rappelle une évidence trop souvent oubliée. Une sauvegarde n’a de valeur que si on sait la restaurer. On teste donc régulièrement, sur un fichier, puis sur un serveur complet, et on vérifie que tout s’ouvre. J’ai vu plus d’une sauvegarde parfaite sur le papier… et illisible le jour J.
Cette liste, ce sont les copies qu’un rançongiciel chiffre en même temps que les originaux. Notre article pour protéger une PME contre les rançongiciels détaille la façon dont ces attaques se propagent, et les réflexes qui limitent les dégâts quand elles frappent.
Complète, incrémentielle ou différentielle, les trois types de sauvegarde.
La règle 3-2-1 dit où ranger les copies. Reste à savoir quoi copier à chaque passage. Trois méthodes existent, et la plupart des logiciels les combinent automatiquement, ce qui ne dispense pas de comprendre ce qu’ils font.
La sauvegarde complète.
Elle copie l’intégralité des données à chaque fois. La restauration est la plus simple, puisque tout se trouve au même endroit. En revanche, elle consomme beaucoup d’espace et de temps, et on la réserve en général au week-end, quand personne ne travaille.
La sauvegarde incrémentielle.
Elle ne copie que ce qui a changé depuis la dernière sauvegarde, quelle qu’elle soit. C’est la plus rapide et la plus économe, idéale pour sauvegarder plusieurs fois par jour. Pour restaurer, il faut toutefois la dernière complète et toute la chaîne des incrémentielles qui suivent.
La sauvegarde différentielle.
Elle copie tout ce qui a changé depuis la dernière sauvegarde complète. Elle grossit au fil de la semaine, mais la restauration ne demande que deux éléments, la complète et la dernière différentielle. Un bon compromis, en somme, entre vitesse et simplicité.
Dans une PME, la combinaison la plus courante reste une sauvegarde complète le week-end et des incrémentielles chaque soir, voire toutes les heures pour les données sensibles. Les logiciels récents fusionnent même ces incrémentielles en arrière-plan, ce qui accélère la restauration sans alourdir le stockage. Le réglage se fait une fois, puis on l’oublie.
La règle 3-2-1 appliquée à une PME.
Allez, un cas concret. Une PME de quinze personnes, un serveur de fichiers, un logiciel de gestion et une messagerie en ligne. Voici l’organisation qu’on met en place le plus souvent, sans matériel exotique ni budget démesuré.
Le NAS assure des restaurations rapides au quotidien, pour le fichier écrasé par erreur un mardi après-midi. La copie en ligne protège contre le sinistre et le rançongiciel. Et le test mensuel transforme une sauvegarde qui devrait marcher en sauvegarde qui marche, nuance capitale.
La copie en ligne dépend du débit d’envoi de votre connexion. Une première sauvegarde de plusieurs centaines de gigaoctets peut prendre des jours sur une box classique. Notre article sur le débit montant d’une connexion explique pourquoi l’envoi compte autant que la réception.
Reste la surveillance au quotidien, la partie que personne n’a envie de faire. Dans une infogérance avec sauvegardes surveillées, quelqu’un vérifie chaque matin que la nuit s’est bien passée, relance ce qui a échoué et organise les tests de restauration. Le dirigeant, lui, ne s’en occupe plus.
Les erreurs qui ruinent une sauvegarde.
Une sauvegarde qui échoue ne prévient pas toujours. C’est même tout le problème, elle se tait, et on découvre le trou le jour où on en a besoin. Voici les deux erreurs qu’on retrouve le plus souvent, et elles sont tenaces.
La sauvegarde jamais testée.
Un logiciel de sauvegarde peut afficher des voyants verts pendant des mois tout en copiant un dossier vide, ou en oubliant la base de données du logiciel de gestion parce qu’elle était ouverte. Seule une vraie restauration le révèle. Et franchement, mieux vaut le découvrir un mardi tranquille qu’un lundi de crise.
La synchronisation prise pour une sauvegarde.
Un dossier synchronisé avec un service en ligne n’est pas une sauvegarde. Si un fichier est supprimé ou chiffré, la synchronisation réplique fidèlement la suppression ou le chiffrement. La messagerie et les fichiers hébergés dans le cloud méritent donc eux aussi leur propre sauvegarde, avec un historique.
Chez Newlink, on met en place ces sauvegardes pour des PME de Provence et de toute la France, avec une équipe basée à Aix-en-Provence. On commence toujours par un test de restauration de l’existant, souvent riche en surprises. Et ensuite, la question des sauvegardes ne vous empêche plus de dormir !
Questions fréquentes.
Que signifie la règle de sauvegarde 3-2-1 ?
Elle impose trois copies des données, sur deux supports différents, dont une conservée hors des locaux. L’objectif est qu’aucune panne, aucun sinistre ni aucune erreur ne puisse détruire toutes les copies en même temps.
Quelle différence entre la règle 3-2-1 et la règle 3-2-1-1-0 ?
La règle 3-2-1-1-0 ajoute une copie hors ligne ou immuable, que personne ne peut modifier depuis le réseau, et l’exigence de zéro erreur lors des tests de restauration. C’est la version adaptée aux rançongiciels.
Un NAS suffit-il pour sauvegarder une entreprise ?
Non, un NAS seul ne respecte ni les deux supports ni la copie hors site. Il reste utile pour les restaurations rapides au quotidien, mais il doit être complété par une copie en ligne et une copie protégée des rançongiciels.
À quelle fréquence faut-il sauvegarder ?
Au moins une fois par jour pour les données de travail, et plusieurs fois par jour pour les données qui changent beaucoup. La bonne fréquence correspond à la quantité de travail que l’entreprise accepte de perdre.
Faut-il tester ses sauvegardes ?
Oui, régulièrement. Une restauration de fichier chaque mois et une restauration complète chaque trimestre confirment que les sauvegardes sont lisibles et que la procédure fonctionne réellement.




