INFOGÉRANCE 9 min de lecture·Mis à jour le 1 octobre 2026

Windows 10 ESU en entreprise : payer la deuxième année ou changer les postes ?

Le 13 octobre, la première année de Windows 10 ESU s’achève et la suivante coûte deux fois plus cher. Beaucoup de PME découvrent l’échéance sur une facture. Voici comment trancher poste par poste, entre payer, migrer ou remplacer.

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Technicien informatique remplaçant un ancien ordinateur de bureau sur le poste de travail d'une PME

La semaine dernière, dans un cabinet de géomètres du pays d’Aix, le gérant nous a tendu le devis de son ancien prestataire. Quinze licences Windows 10 ESU pour la deuxième année, à régler avant le 13 octobre. Il voulait savoir s’il fallait vraiment payer. Bonne question… et la réponse n’était pas la même pour ses quinze postes.

Windows 10 ESU, ce qui change le 13 octobre.

Microsoft a cessé de corriger Windows 10 le 14 octobre 2025. Depuis, les entreprises qui voulaient garder leurs postes protégés ont souscrit au programme ESU, pour Extended Security Updates, qui livre seulement les correctifs de sécurité critiques et importants. Pas de nouvelles fonctions, pas de corrections de bugs, pas d’assistance technique non plus.

Période de couvertureCe qui se passe
Année 1 jusqu’au 13 octobre 2026Les correctifs arrivent sur les postes souscrits
Année 2 du 14 octobre 2026 au 12 octobre 2027Une nouvelle licence à acheter pour chaque poste
Année 3 jusqu’au 10 octobre 2028La dernière année possible et la plus chère
Après octobre 2028Plus aucun correctif pour Windows 10

Chaque année se paie à part, avec sa propre clé d’activation à installer sur chaque poste. Une bonne infogérance pour PME suit ce calendrier à votre place, avec l’inventaire des machines et un rappel des mois avant l’échéance. Si personne ne vous a parlé du 13 octobre, bon, c’est déjà un signal.

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Combien coûte la deuxième année d’ESU ?

Microsoft a construit une grille qui double chaque année, et le message est limpide. L’ESU sert de passerelle, pas de destination. Les tarifs officiels sont fixés en dollars, et tous les distributeurs s’en servent comme référence avant de convertir en euros.

Le prix officiel par poste.

Année de couverturePrix catalogue par poste
Année 161 dollars
Année 2122 dollars
Année 3244 dollars
Cumul sur trois ans427 dollars

En France, la deuxième année ressort à un peu moins de 100 euros HT par poste chez les revendeurs agréés. Pour un cabinet de quinze postes, cela fait dans les 1 450 euros HT, simplement pour continuer à recevoir des correctifs. Pas une fonction de plus. Rien d’autre.

Le piège du rattrapage.

Les licences ESU sont cumulatives. Une entreprise qui a fait l’impasse sur la première année et qui veut couvrir ses postes à partir d’octobre doit payer les deux années d’un coup, soit 183 dollars par poste au tarif catalogue. Eh oui, même pour les douze mois passés sans la moindre protection.

La remise des postes gérés dans le cloud.

Microsoft accorde environ 25% de remise aux postes administrés par Intune ou Windows Autopatch, à condition d’avoir les licences Intune et Entra ID en place. La deuxième année tombe alors autour de 72 euros HT. Ces outils sont justement inclus dans Microsoft 365 Business Premium, ce qui change parfois tout le calcul.

La prolongation gratuite ne concerne pas vos postes.

Vous l’avez peut-être lu cet été. En juin, Microsoft a prolongé gratuitement jusqu’au 12 octobre 2027 la couverture ESU des particuliers, celle qu’on obtenait en Europe avec un simple compte Microsoft. Excellente nouvelle pour l’ordinateur familial. Pour vos postes de travail, en revanche, c’est une tout autre histoire.

Ce programme grand public exclut noir sur blanc les ordinateurs joints à un domaine Active Directory, joints à Microsoft Entra ou gérés par un outil de gestion des appareils. Autrement dit, presque tous les postes d’une entreprise correctement administrée. Seuls les appareils personnels simplement enregistrés avec un compte professionnel restent éligibles.

Un poste joint au domaine de l’entreprise n’y a pas droit
Un poste joint à Microsoft Entra n’y a pas droit non plus
Un poste géré par Intune ou un autre outil MDM reste exclu
Un ordinateur personnel avec compte Microsoft reste couvert jusqu’en 2027
Un portable personnel utilisé en télétravail reste couvert mais échappe à votre contrôle

Le cas des très petites structures sans domaine mérite deux minutes. Des postes Windows 10 Pro inscrits avec le compte Microsoft personnel du gérant reçoivent peut-être encore leurs correctifs, mais ils échappent à toute gestion centralisée. Franchement, c’est un pansement (et un pansement fragile), pas une politique de sécurité.

Migrer, couvrir ou remplacer chaque poste.

Le bon réflexe consiste à raisonner poste par poste, jamais parc entier. Sur vingt machines, on trouve presque toujours trois familles qui appellent trois réponses différentes. Un inventaire complet du parc informatique sert de point de départ, avec le modèle, le processeur et la date d’achat de chaque ordinateur.

Les postes compatibles avec Windows 11.

Windows 11 réclame au minimum un processeur Intel de huitième génération ou un AMD Ryzen 2000, une puce TPM 2.0, le démarrage sécurisé, 4 gigaoctets de mémoire vive et 64 gigaoctets de stockage. Si le poste coche toutes les cases, la mise à niveau est gratuite et conserve les données comme les logiciels.

L’outil Contrôle d’intégrité du PC, fourni par Microsoft, rend son verdict en une minute. Comptez ensuite une à deux heures par poste pour la migration elle-même, idéalement un soir, après une sauvegarde complète. Sur ces machines, payer l’ESU n’a franchement aucun sens.

Les postes trop anciens.

Un ordinateur acheté avant 2018 ne passera pas, sauf rare exception. Ces machines cumulent souvent un disque fatigué, une batterie à bout de souffle et ce petit ventilateur qui siffle dès qu’on ouvre trois onglets. Les garder sous ESU revient à payer 122 dollars pour prolonger un poste qui n’en vaut guère plus du double.

Les postes bloqués par un logiciel métier.

Reste le cas qui justifie vraiment l’ESU. Le vieux logiciel de radiologie, la commande numérique de l’atelier, l’application de caisse que l’éditeur n’a jamais portée… Là, payer la deuxième année devient raisonnable, à condition de fixer une date de sortie et de s’y tenir. Sinon on se retrouve en 2028 avec la même machine.

Situation du posteDécision conseillée
Compatible Windows 11Mise à niveau gratuite sans attendre
Incompatible et acheté avant 2018Remplacement planifié dans l’année
Bloqué par un logiciel métierESU année 2 le temps de la migration
Poste qui pilote une machine d’atelierIsolement du réseau et surveillance renforcée
Inutilisé depuis des moisRetrait du parc et effacement sécurisé

Un poste sans correctifs, que risque l’entreprise ?

Le 14 octobre au matin, un poste non couvert démarre normalement. Rien ne clignote, aucune alerte ne s’affiche, le travail continue comme la veille. Et c’est bien tout le problème, parce qu’un système qui ne reçoit plus de correctifs reste parfaitement silencieux jusqu’au jour où quelqu’un exploite la faille.

Ce qui continue de fonctionner.

Microsoft continue de livrer les signatures de l’antivirus Defender, les correctifs des applications Microsoft 365 et ceux du navigateur Edge jusqu’en octobre 2028, même sans ESU. Beaucoup de dirigeants en concluent que leur poste reste protégé. Pas tout à fait, et la nuance coûte cher.

Un antivirus reconnaît des fichiers malveillants déjà connus. Il ne referme ni une faille du noyau de Windows, ni une faiblesse du service d’impression. Un antivirus EDR pour entreprise repère les comportements suspects et limite les dégâts, mais il ne remplace pas un système corrigé. Les deux se complètent.

Ce qui devient dangereux.

Chaque mois, Microsoft publie des correctifs pour Windows 11, et une bonne partie touche du code partagé avec Windows 10. Les attaquants comparent les mises à jour et savent exactement quoi chercher sur les postes restés à l’écart. C’est une porte d’entrée classique pour un ransomware en PME, souvent par un seul poste oublié.

Chaque faille publiée reste ouverte sur les postes non couverts
Un seul poste infecté suffit pour atteindre le serveur de fichiers
L’assureur peut discuter l’indemnisation d’un sinistre cyber
Le RGPD exige des mesures de sécurité adaptées au risque
Un audit client ou fournisseur relève le système obsolète

Le plan d’action Windows 10 ESU, étape par étape.

Que l’échéance tombe dans dix jours ou soit déjà passée, la méthode reste la même. Voici l’ordre que nous suivons chez nos clients, du plus urgent au plus structurant. Pour un parc d’une vingtaine de postes, les trois premières étapes tiennent en une matinée, café compris.

Lister les postes encore sous Windows 10 avec leur processeur
Tester la compatibilité Windows 11 de chacun
Migrer tout de suite les postes compatibles
Acheter l’ESU année 2 pour les seuls postes bloqués
Planifier le remplacement des machines trop anciennes
Fixer une date de sortie définitive de Windows 10

Cette routine porte un nom, la gestion de parc informatique. Quand elle tourne bien, une échéance comme celle du 13 octobre se traite comme un renouvellement de contrat, avec un tableau à jour, un budget prévu et zéro surprise. Quand elle n’existe pas, on découvre les machines oubliées au pire moment.

Côté budget, le financement change la donne. Remplacer huit postes d’un coup pèse lourd dans la trésorerie d’une PME, alors que le leasing informatique étale la dépense sur trois ans, garantie comprise. Personnellement, je trouve que c’est souvent le bon moment pour remettre tout le parc à plat.

Chez Newlink, nous menons ce tri de bout en bout, de l’inventaire jusqu’à l’activation des clés ESU sur les postes qui en ont vraiment besoin. Et nous fixons avec vous la date où le dernier Windows 10 quittera vos bureaux. Comme ça, pas de deuxième épisode en 2027 !

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Questions fréquentes.

Peut-on encore acheter l’ESU après le 13 octobre ?

Oui, la licence de deuxième année reste disponible pendant toute la période de couverture. Les correctifs Windows étant cumulatifs, un poste activé en retard rattrape les mises à jour manquées dès sa première installation. Chaque semaine sans correctif expose pourtant le poste, donc mieux vaut trancher vite.

Où une PME peut-elle acheter ses licences ESU ?

Auprès d’un partenaire Microsoft habilité à revendre des licences dans le cadre du programme CSP, ou via un contrat de licences en volume pour les structures plus importantes. Le partenaire fournit une clé d’activation par année, à installer sur chaque poste concerné.

Faut-il une version précise de Windows 10 pour activer l’ESU ?

Oui, les postes doivent tourner sous Windows 10 en version 22H2, avec les dernières mises à jour cumulatives installées. Une machine restée sur une version plus ancienne doit d’abord être mise à jour, ce qui prend parfois plus de temps que l’activation elle-même.

La mise à niveau vers Windows 11 est-elle payante ?

Non, pour un poste compatible, le passage de Windows 10 Pro à Windows 11 Pro est gratuit. Le vrai coût tient au temps passé, à la vérification des logiciels métier et à la sauvegarde préalable, soit une à deux heures par poste en moyenne.

Que se passe-t-il après octobre 2028 ?

La troisième et dernière année d’ESU se termine le 10 octobre 2028, et Microsoft n’a prévu aucune extension commerciale au-delà. Un poste encore sous Windows 10 à cette date ne recevra plus jamais de correctif de sécurité, quel que soit le budget.